Dans le métro parisien, Claire, une étudiante en sociologie, mène une enquête sur l’efficacité des campagnes de civilité dans les transports. Elle interroge Thomas, un usager régulier du métro, pendant leur trajet commun sur la ligne 1.
DIALOGUE
Claire : Excusez-moi, vous avez quelques minutes ? Je fais une petite enquête sur les campagnes de sensibilisation dans le métro. Vous savez, ces affiches “Restons civils sur toute la ligne” ?
Thomas : Ah euh… oui, pourquoi pas. C’est pour vos études ?
Claire : Exactement ! En socio urbaine. Alors, vous les remarquez, ces campagnes ?
Thomas : Ben, forcément ! Elles sont partout. “Laissez descendre avant de monter”, “Cédez votre place aux personnes âgées”… Difficile de les rater, hein !
Claire : Et vous trouvez qu’elles sont efficaces ?
Thomas : Bof… Pas vraiment, pour être honnête. Les gens qui sont déjà polis le restent, et les autres… ben, ils s’en fichent complètement.
Claire : Ah bon ? Vous pourriez me donner un exemple concret ?
Thomas : Tenez, hier matin, un type avec son sac à dos géant qui se retournait sans arrêt. Il y avait justement une affiche juste au-dessus de lui : “Enlevez votre sac à dos”. Mais rien du tout !
Claire : Ça, c’est frustrant ! Et vous, vous lui avez dit quelque chose ?
Thomas : Euh… non. On n’ose jamais vraiment, vous savez. On a peur que ça dégénère.
Claire : Mmh, je vois. Et les campagnes sur les incivilités sonores, qu’est-ce que vous en pensez ?
Thomas : Ah, ça c’est mon dada ! Ces gens qui téléphonent à tue-tête… “Allô ? Oui, je suis dans le métro !” Comme si tout le wagon devait être au courant !
Claire : Chouette, un témoignage passionné ! Donc là, les campagnes ne marchent pas non plus ?
Thomas : Pas du tout ! Et ne me parlez pas de la musique sans écouteurs… Zut alors, ça me rend dingue !
Claire : Attendez, je note tout ça… Et les campagnes plus récentes ? Celles sur le harcèlement de rue dans les transports ?
Thomas : Ah ça, c’est différent. Je trouve que c’est plus important, plus sérieux. Le slogan “Ne laissons pas faire, ne laissons pas dire”, il marque les esprits.
Claire : Intéressant ! Vous pensez que le ton plus grave fonctionne mieux ?
Thomas : Peut-être, oui. Mais bon, je ne suis qu’un mec, hein. Les femmes ont sûrement un avis différent sur l’efficacité…
Claire : Justement, je remarque que vous dites “je ne suis qu’un mec”. Vous pensez que ces campagnes nous concernent différemment ?
Thomas : Ben… euh… oui et non. Pour les places assises, ça nous concerne tous pareil. Mais pour le harcèlement… nous, on est plutôt témoins, non ?
Claire : C’est vrai. Et en tant que témoin, ces affiches vous incitent à réagir ?
Thomas : Tiens, bonne question ! Honnêtement, j’y pense plus maintenant. Avant, je détournais le regard. C’est déjà ça, non ?
Claire : Absolument ! Donc certaines campagnes ont un impact… Oh là, on arrive à Châtelet. C’est votre station ?
Thomas : Oui, je descends ici. Mais attendez, votre enquête, elle porte sur quoi exactement ?
Claire : Sur l’écart entre l’intention des campagnes et leur réception réelle. Vous m’avez donné plein d’éléments intéressants !
Thomas : Ah ben tant mieux ! Au fait, vous avez vu la nouvelle campagne sur les poussettes aux heures de pointe ?
Claire : Non, pas encore ! Elle dit quoi ?
Thomas : “Aux heures de pointe, privilégiez les wagons de tête ou de queue.” Ça, c’est du concret !
Claire : Effectivement, c’est plus précis que “soyez civils” ! Merci beaucoup pour cet échange !
Thomas : De rien ! Bonne continuation pour votre mémoire ! Et euh… bonne chance avec les incivilités du métro !
Claire : Merci ! Allez-y, tout le monde descend ! Au revoir !
Thomas : Au revoir et… restez civile sur toute la ligne !
English translation
In the Paris Métro, Claire, a sociology student, is conducting a study on the effectiveness of civility campaigns in public transport. She interviews Thomas, a regular metro user, during their shared journey on Line 1.
DIALOGUE
Claire : Excuse me, do you have a few minutes? I’m doing a short survey on awareness campaigns in the metro. You know, those posters “Let’s stay civil along the whole line”?
Thomas : Ah, uh… yes, why not. Is it for your studies?
Claire : Exactly! For urban sociology. So, do you notice these campaigns?
Thomas : Well, of course! They’re everywhere. “Let people get off before you get on”, “Give up your seat to older people”… Hard to miss them, huh!
Claire : And do you find them effective?
Thomas : Meh… Not really, to be honest. People who are already polite stay that way, and the others… well, they don’t care at all.
Claire : Oh really? Could you give me a concrete example?
Thomas : Well, yesterday morning, this guy with a huge backpack kept turning around. There was actually a poster right above him: “Take off your backpack”. But nothing at all!
Claire : That’s frustrating! And you, did you say anything to him?
Thomas : Uh… no. We never really dare, you know. We’re afraid it’ll escalate.
Claire : Mmh, I see. And what do you think of campaigns against noisy behaviour?
Thomas : Ah, that’s my pet peeve! Those people who shout into their phones… “Hello? Yeah, I’m on the metro!” As if the whole carriage needed to know!
Claire : Great, an impassioned account! So the campaigns aren’t working either?
Thomas : Not at all! And don’t even get me started on people who play music without headphones… Good grief, it drives me crazy!
Claire : Hold on, I’m jotting all this down… And the more recent campaigns? The ones about street harassment on public transport?
Thomas : Ah, that’s different. I think it’s more important, more serious. The slogan “Don’t let it happen, don’t let it go unchallenged” really sticks in people’s minds.
Claire : Interesting! Do you think the more serious tone works better?
Thomas : Maybe, yes. But hey, I’m just a guy, you know. Women probably have a different view on how effective they are…
Claire : Actually, I notice you said “I’m just a guy.” Do you think these campaigns affect us differently?
Thomas : Well… uh… yes and no. As for the seats, it affects all of us the same. But when it comes to harassment… we’re more like bystanders, aren’t we?
Claire : That’s true. And as a bystander, do these posters encourage you to intervene?
Thomas : Hmm, good question! Honestly, I think about it more now. Before, I used to look the other way. That’s something, isn’t it?
Claire : Absolutely! So some campaigns have an impact… Oh, we’re arriving at Châtelet. Is this your station?
Thomas : Yes, I’m getting off here. But wait-what exactly is your survey about?
Claire : About the gap between the campaigns’ intent and their actual reception. You’ve given me lots of interesting insights!
Thomas : Oh, that’s good! By the way, have you seen the new campaign about strollers during rush hour?
Claire : No, not yet! What’s it say?
Thomas : “During rush hour, favor the front or rear cars.” Now that’s concrete!
Claire : Indeed, that’s more specific than “be civil”! Thank you very much for this exchange!
Thomas : You’re welcome! Good luck with your thesis! And, uh… good luck dealing with rude behavior on the subway!
Claire : Thanks! All right, everyone, get off! Goodbye!
Thomas : Goodbye and… stay civil all along the line!