Dialogue about working abroad and long-distance family

Voici une conversation entre Julien et sa sœur Amélie. Julien, 29 ans, vient de recevoir une proposition d’emploi très intéressante à Londres, mais il hésite à partir car cela signifierait laisser sa famille en France, notamment ses parents vieillissants et sa fille de 8 ans dont il a la garde partagée.

DIALOGUE


Amélie : Alors, tu as pris une décision pour ce poste à Londres ?
Julien : Euh… c’est compliqué, tu sais. D’un côté, c’est une opportunité en or, mais de l’autre…
Amélie : De l’autre, tu penses à Léa et aux parents, c’est ça ?
Julien : Exactement ! Comment je peux abandonner ma fille ? Et papa qui commence à avoir des problèmes de santé…
Amélie : Abandoner, abandoner… tu dramatises un peu, non ? Londres, ce n’est pas le bout du monde !
Julien : Ben si, quand même ! Trois heures de train minimum, sans compter les galères de transport. Et financièrement, les allers-retours, ça va me coûter une fortune.
Amélie : Justement, avec ce nouveau salaire, tu pourras te le permettre. Tu m’as dit combien déjà ?
Julien : Le double de ce que je gagne actuellement, plus les avantages sociaux. C’est tentant, hein ?
Amélie : Chouette alors ! Et pour Léa, tu pourrais peut-être négocier avec Sophie ?
Julien : Ah, n’en parlons pas… Elle est déjà furieuse rien qu’à l’idée que j’y pense. Elle dit que je suis égoïste.
Amélie : Tiens, ça c’est nouveau ! Elle qui voulait déménager à Marseille l’année dernière…
Julien : Oui, mais là c’est différent selon elle. À l’étranger, c’est plus compliqué pour les vacances scolaires et tout ça.
Amélie : Elle n’a pas tort sur ce point. Mais dis-moi, c’est pour combien de temps ce contrat ?
Julien : Deux ans renouvelables. L’idée, c’est de développer leur branche européenne.
Amélie : Ah bon ? Donc tu pourrais revenir après ?
Julien : En théorie, oui. Mais tu sais comment ça se passe… Une fois qu’on est parti, on s’installe, on refait sa vie…
Amélie : Euh, excuse-moi, mais tu n’as pas refait ta vie depuis ton divorce ! Cette expérience pourrait justement t’aider.
Julien : Mouais… Et les parents dans tout ça ? Maman qui commence à oublier des trucs, papa avec son dos…
Amélie : Julien, je suis là, moi ! Je ne vais pas m’envoler !
Julien : Je sais bien, mais toi aussi tu as ta famille, ton boulot… Je ne peux pas tout te laisser sur les bras.
Amélie : Ben si, tu peux ! C’est ça la solidarité familiale. Et puis, avec Skype, WhatsApp, on peut rester en contact tous les jours.
Julien : Ce n’est pas pareil qu’être présent physiquement…
Amélie : Bien sûr que non, mais bon… Il faut aussi penser à ton avenir professionnel !
Julien : Tu as raison, mais… Zut ! Je n’arrive vraiment pas à me décider.
Amélie : Au fait, tu as jusqu’à quand pour répondre ?
Julien : Fin de la semaine. Ils ont besoin de quelqu’un rapidement.
Amélie : Ah, ça c’est embêtant ! Pas beaucoup de temps pour réfléchir…
Julien : Et ce matin, Léa m’a dit qu’elle ne voulait pas que papa parte loin… Ça m’a brisé le cœur.
Amélie : Oh la pauvre… Mais elle est petite, elle ne comprend pas tous les enjeux.
Julien : Justement ! À son âge, elle a besoin de stabilité, de repères…
Amélie : Écoute, et si tu négociais avec ton futur employeur ? Genre, venir en France un week-end sur deux ?
Julien : J’y ai pensé, mais ils veulent quelqu’un de vraiment disponible, surtout au début.
Amélie : Mmh… C’est vrai que c’est délicat. Mais franchement, une opportunité comme ça, ça ne se représentera peut-être jamais.
Julien : Je sais ! C’est bien ça le problème. Et si je refuse, je le regretterai toute ma vie…
Amélie : Alors tu as ta réponse, non ?
Julien : En fait… euh… j’ai peut-être une idée. Et si je proposais un essai de six mois ?
Amélie : Tiens, c’est pas bête ça ! Comme ça, si ça ne marche pas, tu peux revenir.
Julien : Exactement ! Et ça rassurerait tout le monde, y compris Sophie.
Amélie : Bon, ben voilà ! Tu leur en parles demain ?
Julien : Ouais, je vais tenter le coup. Au pire, ils diront non, mais au moins j’aurai essayé.
Amélie : C’est ça l’esprit ! Et puis, qui ne tente rien n’a rien, comme dit papa.
Julien : Merci, franginette. Ça fait du bien d’en parler avec quelqu’un.
Amélie : De rien ! Et puis, Londres… ça peut être sympa pour les vacances !

English translation

Here is a conversation between Julien and his sister Amélie. Julien, 29, has just received a very interesting job offer in London, but he hesitates to go because that would mean leaving his family in France, notably his aging parents and his 8-year-old daughter, with whom he has shared custody.

DIALOGUE


Amélie : So, have you made a decision about the job in London?
Julien : Uh… it’s complicated, you know. On the one hand, it’s a golden opportunity, but on the other…
Amélie : On the other hand, you’re thinking about Léa and your parents, right?
Julien : Exactly! How could I abandon my daughter? And Dad, who’s starting to have health problems…
Amélie : Abandon? Abandon? You’re being a bit dramatic, aren’t you? London isn’t the end of the world!
Julien : It is, though! At least three hours by train, not to mention the transport hassles. And financially, the back-and-forth trips are going to cost me a fortune.
Amélie : Exactly – with that new salary you’ll be able to afford it. How much did you say it was again?
Julien : Twice what I’m earning now, plus benefits. Tempting, right?
Amélie : Great then! And for Léa, maybe you could negotiate with Sophie?
Julien : Oh, don’t even get me started… She’s already furious at the mere idea that I’m even thinking about it. She says I’m selfish.
Amélie : Well, that’s new! She who wanted to move to Marseille last year…
Julien : Yes, but for her it’s different. Abroad it’s more complicated with school holidays and all that.
Amélie : She’s not wrong about that. But tell me, how long is this contract for?
Julien : Two years, renewable. The idea is to develop their European branch.
Amélie : Oh really? So you could come back afterwards?
Julien : In theory, yes. But you know how it goes… Once you’ve gone, you settle in, you start a new life…
Amélie : Uh, excuse me, but you haven’t moved on since your divorce! This experience could actually help you.
Julien : Hmm… And what about the parents? Mum who’s starting to forget things, Dad with his bad back…
Amélie : Julien, I’m here! I’m not going anywhere!
Julien : I know, but you’ve got your family, your job… I can’t leave it all to you.
Amélie : Yes you can! That’s what family solidarity is for. And anyway, with Skype, WhatsApp, we can stay in touch every day.
Julien : It’s not the same as being physically present…
Amélie : Of course not, but still… you need to think about your career too!
Julien : You’re right, but… Darn! I really can’t make up my mind.
Amélie : By the way, how long have you got to decide?
Julien : By the end of the week. They need someone quickly.
Amélie : Ah, that’s annoying! Not much time to think…
Julien : And this morning, Léa told me she didn’t want Dad to go far… It broke my heart.
Amélie : Oh, poor thing… But she’s little, she doesn’t understand everything that’s at stake.
Julien : Exactly! At her age, she needs stability, familiar reference points…
Amélie : Listen, what if you negotiated with your future employer? Like, come to France every other weekend?
Julien : I thought about that, but they want someone who’s really available, especially at the beginning.
Amélie : Mmh… It’s true, it’s a delicate situation. But honestly, an opportunity like that might never come around again.
Julien : I know! That’s exactly the problem. And if I refuse, I’ll regret it for the rest of my life…
Amélie : So you have your answer, right?
Julien : Actually… um… I might have an idea. What if I proposed a six-month trial period?
Amélie : Hey, that’s not a bad idea! That way, if it doesn’t work out, you can come back.
Julien : Exactly! And that would reassure everyone, including Sophie.
Amélie : Well, there you go! Are you going to tell them tomorrow?
Julien : Yeah, I’ll give it a shot. At worst, they’ll say no, but at least I’ll have tried.
Amélie : That’s the spirit! And besides, nothing ventured, nothing gained, like Dad says.
Julien : Thanks, sis. It feels good to talk about it with someone.
Amélie : You’re welcome! And besides, London… it could be nice for the holidays!