Sophie et Julien sont frère et sœur. Sophie, 28 ans, vient de déménager de leur ville natale de Lyon vers Paris pour son travail. Elle appelle son frère Julien, resté à Lyon, car elle traverse une période difficile d’adaptation et ressent une profonde nostalgie de leur maison familiale.
DIALOGUE
Sophie : Allô Julien ? Tu as cinq minutes ? J’ai… j’ai besoin de parler à quelqu’un.
Julien : Sophie ! Bien sûr, qu’est-ce qui se passe ? Tu as l’air toute triste au téléphone.
Sophie : Ben voilà, ça fait maintenant trois semaines que je suis à Paris et… euh… je craque complètement. Je n’arrive pas à m’habituer.
Julien : Ah bon ? Pourtant tu étais si enthousiaste avant le déménagement ! Tu nous disais que c’était le job de tes rêves.
Sophie : Oui, le boulot c’est génial, c’est pas ça le problème. C’est juste que… Julien, notre maison me manque tellement ! Même mon petit appart parisien, il est sympa mais… ce n’est pas chez moi, tu vois ?
Julien : Je comprends, ma puce. C’est normal d’avoir le mal du pays au début. Dis-moi ce qui te manque le plus.
Sophie : Oh là là, par où commencer ? Le matin, quand je me réveille, j’ai l’habitude d’entendre les oiseaux dans le jardin de maman. Ici, c’est les klaxons et les sirènes. Et puis… tiens, hier soir je voulais faire des pâtes et j’ai cherché partout la passoire bleue de grand-mère.
Julien : Hein ? Mais Sophie, tu habites plus chez les parents depuis quatre ans !
Sophie : Je sais bien ! Mais au moins j’étais dans la même ville. Je pouvais passer le dimanche à la maison, manger les bons petits plats de maman, dormir dans ma chambre d’ado…
Julien : C’est vrai que tu venais souvent. Papa demande toujours de tes nouvelles d’ailleurs.
Sophie : Et comment il va ? Et maman ? Elle m’a dit au téléphone qu’elle avait envie de repeindre ma chambre en bureau…
Julien : Euh… oui, elle en a parlé. Ça te dérange ?
Sophie : Ben… oui et non. Je veux dire, c’est logique, mais j’ai l’impression qu’on efface mon enfance, tu comprends ? Comme si je n’avais plus de racines nulle part.
Julien : Oh Sophie… Tu dramatises pas un peu ? Ta chambre, tes souvenirs, ils sont là *dans ton cœur*, pas dans les murs !
Sophie : Facile à dire ! Toi tu es resté, tu as gardé tes habitudes, tes copains, ton café du coin… Moi je connais personne ici, et les Parisiens sont si… si froids !
Julien : Allez, c’est sûrement pas si terrible. Tu as essayé de te faire des amis au bureau ?
Sophie : Si, il y a Émilie, elle est chouette. Mais bon, on se connaît depuis trois semaines, c’est pas pareil qu’avec Cécile ou Marion que je connais depuis le lycée.
Julien : Justement, parlant de Cécile… euh… j’ai quelque chose à te dire mais je sais pas si c’est le bon moment.
Sophie : Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? Il lui est arrivé quelque chose ?
Julien : Non non, rassure-toi ! C’est juste que… ben, elle s’installe avec Thomas. Ils ont trouvé un appart et… elle déménage aussi.
Sophie : Ah… Chouette pour elle. Non mais c’est génial, vraiment. C’est juste que… zut, j’ai l’impression que tout change d’un coup !
Julien : Hé, mais ça veut dire que tu n’es pas la seule à vivre des changements ! Et puis regarde, moi je suis toujours là. Papa et maman aussi. On bouge pas nous !
Sophie : Oui, tu as raison… Excuse-moi, je suis un peu à fleur de peau ces temps-ci. C’est juste que parfois, le soir, quand je rentre dans mon studio vide…
Julien : Tu te sens perdue, c’est ça ?
Sophie : Exactement ! J’ai l’impression d’être une étrangère dans ma propre vie. Même faire les courses, c’est compliqué ! Hier je cherchais du fromage de chèvre comme celui de chez Dubois, tu sais, notre fromager ?
Julien : Ah oui, son crottin de Chavignol ! Miam… Au fait, il a pris sa retraite la semaine dernière.
Sophie : Quoi ?! Mais… mais c’est pas possible ! Lui aussi ? Oh non, j’ai l’impression que tout mon monde s’écroule !
Julien : Sophie, calme-toi ! Son fils reprend la boutique, et il fait exactement les mêmes fromages. Rien ne change vraiment, tu sais.
Sophie : Si, tout change ! Et moi je ne fais plus partie de ce monde-là. Je rate tout, les petites nouvelles, les changements… Je deviens une étrangère dans ma propre ville natale !
Julien : Mais non, voyons ! Tu es ma sœur, tu seras toujours de Lyon, Paris ne va pas changer ça ! Et puis… hein, tu peux revenir quand tu veux.
Sophie : Justement, c’est ça qui me fait peur. Et si… et si un jour Lyon ne me semblait plus comme chez moi ? Et si Paris ne devenait jamais vraiment mon chez-moi non plus ?
Julien : Écoute-moi bien, ma petite sœur. Tu sais ce que m’a dit grand-père quand il a quitté la campagne pour venir en ville ? “On ne perd jamais sa maison, on en gagne une nouvelle.”
Sophie : Il a dit ça vraiment ?
Julien : Absolument. Et regarde-le maintenant, à 89 ans, il dit qu’il a eu deux maisons dans sa vie, deux endroits qu’il aime. Toi aussi tu vas y arriver, j’en suis sûr.
Sophie : Tu crois ? Parfois j’ai envie de tout lâcher et de rentrer…
Julien : Ben tiens, et dans six mois tu regretteras ! Allez, donne-toi du temps. Et puis… on peut venir te voir le week-end prochain si tu veux ?
Sophie : Oh oui ! Ce serait formidable ! Et… et vous pourriez apporter des bugnes de chez Bernachon ?
Julien : *rires* Bien sûr ! Et même du saucisson de chez Reynon si tu veux !
Sophie : *rires aussi* Merci Julien… Je me sens déjà un peu mieux. Tu as raison, je vais me laisser du temps.
Julien : Voilà ! Et n’oublie pas : on est ta famille, on sera toujours là, qu’importe la distance !
Sophie : Je t’aime, frangin. À très bientôt alors !
Julien : Moi aussi je t’aime, petite sœur. Courage, et appelle-moi quand tu veux !
English translation
Sophie and Julien are brother and sister. Sophie, 28 years old, has just moved from their hometown of Lyon to Paris for work. She calls her brother Julien, who stayed in Lyon, because she is going through a difficult period of adjustment and feels a deep longing for their family home.
Please paste the French dialogue you want translated under the “## DIALOGUE” heading, and I will translate it into international English while preserving the original formatting.
Sophie : Hi Julien? Do you have five minutes? I… I need to talk to someone.
Julien : Sophie! Of course, what’s going on? You sound really sad on the phone.
Sophie : Well, it’s been three weeks now since I moved to Paris and… uh… I’m completely falling apart. I can’t get used to it.
Julien : Really? But you were so enthusiastic before the move! You kept telling us it was the job of your dreams.
Sophie : Yes, the job is great, that’s not the problem. It’s just that… Julien, I miss our home so much! Even my little apartment in Paris is nice, but… it’s not my home, you know?
Julien : I understand, sweetheart. It’s normal to feel homesick at first. Tell me what you miss the most.
Sophie : Oh dear, where to start? In the morning, when I wake up, I’m used to hearing the birds in my mother’s garden. Here it’s honking horns and sirens. And then… well, last night I wanted to make pasta and I looked everywhere for my grandmother’s blue colander.
Julien : What? But Sophie, you haven’t lived with your parents for four years!
Sophie : I know! But at least I was still in the same city. I could spend Sundays at home, eat my mother’s good home-cooked meals, sleep in my teenage bedroom…
Julien : It’s true you used to come often. Dad still asks about you, by the way.
Sophie : And how is he? And Mom? She told me on the phone that she wanted to turn my bedroom into an office…
Julien : Uh… yeah, she mentioned it. Does that bother you?
Sophie : Well… yes and no. I mean, it makes sense, but I feel like they’re erasing my childhood, you know? As if I don’t have roots anywhere anymore.
Julien : Oh Sophie… Aren’t you being a bit dramatic? Your bedroom, your memories, they’re *in your heart*, not in the walls!
Sophie : Easy for you to say! You stayed, you kept your routines, your friends, your local café… I don’t know anyone here, and Parisians are so… so cold!
Julien : Come on, it’s probably not that bad. Have you tried making friends at the office?
Sophie : Yes, there’s Émilie, she’s nice. But we’ve only known each other for three weeks, it’s not the same as with Cécile or Marion, who I’ve known since high school.
Julien : Actually, speaking of Cécile… uh… I have something to tell you but I don’t know if now’s a good time.
Sophie : What? What’s going on? Did something happen to her?
Julien : No, no, don’t worry! It’s just that… well, she’s moving in with Thomas. They’ve found an apartment and… she’s moving too.
Sophie : Ah… nice for her. I mean, that’s great, really. It’s just that… argh, I feel like everything’s changing all at once!
Julien : Hey, but that means you’re not the only one going through changes! And look, I’m still here. Mom and Dad too. We’re not going anywhere!
Sophie : Yes, you’re right… Sorry, I’m a bit on edge these days. It’s just that sometimes, in the evening, when I come home to my empty studio apartment…
Julien : You’re feeling lost, is that it?
Sophie : Exactly! I feel like a stranger in my own life. Even grocery shopping is complicated! Yesterday I was looking for goat cheese like the one from Dubois’s, you know, our cheesemonger?
Julien : Ah yes, his crottin de Chavignol! Yum… By the way, he retired last week.
Sophie : What?! But… but that’s not possible! Him too? Oh no, I feel like my whole world is falling apart!
Julien : Sophie, calm down! His son is taking over the shop, and he makes exactly the same cheeses. Nothing really changes, you know.
Sophie : Yes, everything is changing! And I’m no longer part of that world. I’m missing out on everything, the little news, the changes… I’m becoming a stranger in my own hometown!
Julien : No, come on! You’re my sister, you’ll always be from Lyon, Paris isn’t going to change that! And anyway… you can come back whenever you want.
Sophie : That’s exactly what I’m afraid of. What if… what if one day Lyon no longer feels like home to me? And what if Paris never really becomes my home either?
Julien : Listen to me carefully, my little sister. Do you know what grandfather told me when he left the countryside to come to the city? “You never lose your home, you gain a new one.”
Sophie : Did he really say that?
Julien : Absolutely. And look at him now, at 89 he says he’s had two homes in his life, two places he loves. You’ll get there too, I’m sure.
Sophie : Do you think so? Sometimes I feel like leaving it all behind and going back home…
Julien : Oh sure, and in six months you’ll regret it! Come on, give yourself some time. And besides… we can come see you next weekend if you want?
Sophie : Oh yes! That would be wonderful! And… and could you bring some bugnes from Bernachon?
Julien : *laughs* Of course! And even some saucisson from Reynon if you want!
Sophie : *laughs too* Thank you, Julien… I already feel a little better. You’re right, I’ll give myself some time.
Julien : There you go! And don’t forget: we’re your family, we’ll always be there, no matter the distance!
Sophie : I love you, bro. See you very soon then!
Julien : I love you too, little sis. Hang in there, and call me whenever you want!