A conversation about how to preserve one’s identity in emigration

Marie, une Franco-Algérienne de 35 ans, rencontre son ami Karim, un Franco-Marocain de 40 ans, dans un café parisien. Tous les deux vivent en France depuis leur enfance mais s’interrogent sur la transmission de leur héritage culturel à leurs enfants. Ils partagent leurs expériences et leurs préoccupations concernant le maintien de leur identité d’origine.

DIALOGUE


Marie : Salut Karim ! Ça fait plaisir de te voir. Comment ça va ?
Karim : Salut Marie ! Ça va bien, merci. Et toi ? Tu as l’air un peu préoccupée…
Marie : Ben en fait, oui. Je me pose plein de questions en ce moment. C’est à propos de ma fille, Lina. Elle a huit ans maintenant et euh… je me demande si je fais assez pour lui transmettre nos origines algériennes.
Karim : Ah, je vois ! C’est marrant, je me posais justement la même question hier soir. Mon fils Omar commence à refuser de parler arabe à la maison. Il dit que c’est ” ringard “.
Marie : Ringard ? Mais enfin ! C’est notre langue, notre culture ! Comment il peut dire ça ?
Karim : Ben tu sais, à l’école, il veut juste s’intégrer avec ses copains. Il dit qu’il se sent différent quand on parle arabe devant ses amis français.
Marie : Hein ? Mais il EST français ! Enfin, franco-marocain, comme nous on est franco-algériens. C’est ça qui est difficile à expliquer aux enfants…
Karim : Exactement ! Comment leur faire comprendre qu’on peut être les deux à la fois ? Moi, je me sens complètement français ET marocain. Mais pour eux, c’est plus compliqué.
Marie : Tiens, ça me rappelle… La semaine dernière, Lina m’a demandé pourquoi mamie Fatima portait le hijab. Je n’ai pas su quoi répondre. J’avais peur qu’elle le vive mal.
Karim : Ah bon ? Et qu’est-ce que tu lui as dit finalement ?
Marie : Euh… j’ai essayé d’expliquer que c’était un choix personnel, lié à ses croyances. Mais je voyais bien qu’elle était gênée. Zut ! J’ai l’impression de mal m’y prendre.
Karim : Non, non, tu fais de ton mieux ! Moi aussi j’ai des difficultés. L’autre jour, Omar m’a dit qu’il ne voulait plus aller à la mosquée avec moi. Il préfère jouer au foot le vendredi.
Marie : C’est dur, hein ? Entre nous qui voulons préserver nos traditions et eux qui veulent juste être comme les autres…
Karim : Ouais… Mais bon, il faut qu’on trouve le bon équilibre. Ma femme, elle dit qu’il faut pas les forcer. Qu’ils reviendront naturellement à leurs racines plus tard.
Marie : Ta femme a peut-être raison. Mais j’ai peur qu’ils perdent complètement le contact avec nos origines. Mon frère, par exemple, il ne parle plus un mot d’arabe maintenant.
Karim : Ah vraiment ? Pourtant vous étiez dans la même famille…
Marie : Ben oui, mais lui, il a toujours voulu s’assimiler complètement. Il dit que ça lui a causé trop de problèmes à l’école, les moqueries et tout ça.
Karim : Je comprends… Chouette alors ! Tu me donnes une idée. Et si on organisait des activités ensemble ? Nos enfants pourraient se rencontrer, partager leurs expériences…
Marie : Tiens, c’est pas mal ça ! On pourrait faire de la cuisine traditionnelle, leur raconter des histoires de nos pays…
Karim : Exactement ! Et même les emmener au bled pendant les vacances. Moi, ça fait trois ans que j’y suis pas retourné avec Omar.
Marie : Ah, nous on y va tous les étés ! Mais Lina commence à râler, elle dit que c’est ennuyeux. Elle préfère rester avec ses copines en France.
Karim : Normal, à son âge… Mais au moins, elle garde le contact avec sa famille algérienne. C’est déjà ça !
Marie : Oui, tu as raison. Et puis, elle adore quand ma mère lui fait des gâteaux traditionnels. Ça, ça marche toujours !
Karim : Ha ha ! La cuisine, c’est le meilleur moyen de transmission culturelle ! Omar aussi, il craque pour les pastillas de sa grand-mère.
Marie : Bon, on se dit qu’on organise quelque chose alors ? Un weekend interculturel avec les enfants ?
Karim : Carrément ! Et on pourrait inviter d’autres familles aussi. Mon voisin, il est franco-tunisien, il a les mêmes préoccupations que nous.
Marie : Parfait ! Bon, euh… il faut que j’y aille, je dois aller chercher Lina à l’école. Mais ça m’a fait du bien de parler avec toi.
Karim : À moi aussi ! On se rappelle dans la semaine pour organiser tout ça ?
Marie : Avec plaisir ! À bientôt Karim !
Karim : Salut Marie ! Et courage pour l’éducation biculturelle !

English translation

Marie, a 35-year-old French-Algerian, meets her friend Karim, a 40-year-old French-Moroccan, in a Parisian café. Both have lived in France since childhood but wonder how to pass on their cultural heritage to their children. They share their experiences and concerns about preserving their original identity.

DIALOGUE


Marie : Hi Karim! It’s great to see you. How are you?
Karim : Hi Marie! I’m well, thanks. And you? You seem a little worried…
Marie : Well, actually, yes. I’m asking myself a lot of questions at the moment. It’s about my daughter, Lina. She’s eight now and, um… I wonder if I’m doing enough to pass on our Algerian heritage to her.
Karim : Ah, I see! That’s funny, I was wondering the same thing last night. My son Omar is starting to refuse to speak Arabic at home. He says it’s ‘uncool’.
Marie : Uncool? Come on! It’s our language, our culture! How can he say that?
Karim : Well, you know, at school he just wants to fit in with his friends. He says he feels different when we speak Arabic in front of his French friends.
Marie : Huh? But he IS French! I mean, Franco-Moroccan, like we are Franco-Algerian. That’s what’s hard to explain to the children…
Karim : Exactly! How do we make them understand that you can be both at the same time? I feel completely French AND Moroccan. But for them, it’s more complicated.
Marie : Oh, that reminds me… Last week, Lina asked me why Grandma Fatima wears the hijab. I didn’t know what to say. I was afraid she’d feel bad about it.
Karim : Oh really? And what did you end up telling her?
Marie : Uh… I tried to explain that it was a personal choice, tied to her beliefs. But I could tell she was uncomfortable. Darn! I feel like I’m not handling it well.
Karim : No, no, you’re doing your best! I’m having difficulties too. The other day, Omar told me he didn’t want to go to the mosque with me anymore. He prefers to play football on Fridays.
Marie : It’s hard, isn’t it? Between us who want to preserve our traditions and them who just want to be like everyone else…
Karim : Yeah… But we have to find the right balance. My wife, she says we shouldn’t force them. They’ll naturally come back to their roots later.
Marie : Your wife may be right. But I’m afraid they’ll completely lose touch with our roots. My brother, for example, doesn’t speak a word of Arabic anymore.
Karim : Oh really? Yet you were in the same family…
Marie : Yeah, well, he always wanted to fully assimilate. He says it caused him too many problems at school – the teasing and all that.
Karim : I understand… That’s great! You’ve given me an idea. What if we organised activities together? Our children could meet up and share their experiences…
Marie : Hey, that’s not bad! We could do traditional cooking, tell them stories about our countries…
Karim : Exactly! And even take them to the homeland during the holidays. I haven’t been back there with Omar for three years.
Marie : Oh, we go there every summer! But Lina is starting to complain, she says it’s boring. She prefers to stay with her friends in France.
Karim : That’s normal at her age… But at least she stays in touch with her Algerian family. That’s something!
Marie : Yes, you’re right. And she loves it when my mother bakes her traditional cakes. That always works!
Karim : Ha ha! Cooking is the best way to pass on culture! Omar too, he can’t resist his grandmother’s pastillas.
Marie : So, shall we say we’ll organize something then? An intercultural weekend with the kids?
Karim : Totally! And we could invite other families too. My neighbor, he’s French-Tunisian, he shares our concerns.
Marie : Perfect! Well, uh… I have to go, I need to pick up Lina from school. But it was good to talk with you.
Karim : Same here! Shall we call each other during the week to organize all that?
Marie : With pleasure! See you soon, Karim!
Karim : Hi Marie! And good luck with bicultural parenting!