Dialogue about raising children in two cultures

Marie, française, et Karim, d’origine marocaine, sont mariés depuis huit ans et vivent à Lyon avec leurs deux enfants : Léa (7 ans) et Adam (5 ans). Ils discutent dans leur salon des différences culturelles dans l’éducation de leurs enfants, notamment après une remarque de la belle-mère de Marie lors du dernier repas de famille.
DIALOGUE
Marie : Bon, il faut qu’on parle de ce qui s’est passé dimanche chez mes parents. Ma mère n’aurait jamais dû dire ça devant les enfants.
Karim : Euh… tu veux dire quand elle a dit qu’Adam était “trop gâté” ? Ben, elle n’a pas totalement tort, tu sais.
Marie : Comment ça, pas totalement tort ? Tu es en train de me dire que tu es d’accord avec elle ?
Karim : Non, non, ce n’est pas ce que je veux dire… Mais avoue qu’on a parfois des approches très différentes avec les gosses.
Marie : Ah bon ? Comme quoi par exemple ?
Karim : Tiens, hier soir, quand Adam a refusé de manger ses légumes. Moi, je lui ai dit qu’il devait finir son assiette, point final. Toi, tu as commencé à négocier avec lui.
Marie : C’est normal de négocier ! On doit expliquer aux enfants pourquoi c’est important, pas juste imposer notre volonté.
Karim : Oui, mais dans ma famille, on n’avait pas le choix. On mangeait ce qu’il y avait, et c’est tout. Et on s’en sortait très bien, hein !
Marie : Ce n’est pas pareil, Karim. Les temps ont changé. En plus, on vit en France, les enfants grandissent ici.
Karim : Justement ! C’est bien pour ça qu’ils doivent connaître leurs deux cultures. Je ne veux pas qu’ils oublient d’où ils viennent.
Marie : Mais moi non plus ! Tu crois que ça me dérange qu’ils parlent arabe avec ta mère ? Ou qu’ils connaissent les traditions marocaines ?
Karim : Ben… parfois j’ai l’impression que si. L’autre jour, tu as fait une drôle de tête quand ma sœur a expliqué à Léa pourquoi elle portait le voile.
Marie : Ce n’est pas ça ! C’est juste que… euh… je veux qu’elle comprenne qu’elle aura le choix plus tard. Tu vois ce que je veux dire ?
Karim : Bien sûr qu’elle aura le choix ! Tu me prends pour qui ? Mais elle doit aussi respecter sa grand-mère et comprendre ses valeurs.
Marie : D’accord, mais ça marche dans les deux sens ! Ta mère, elle, elle comprend nos valeurs ? Parce que dimanche, elle n’arrêtait pas de dire qu’Adam était “trop libre”.
Karim : Ah… ça, c’est plus compliqué. Tu sais, pour elle, un petit garçon de cinq ans qui court partout et qui répond aux adultes…
Marie : Il ne “répond” pas ! Il exprime son opinion ! C’est différent !
Karim : Oui, je sais bien. Mais elle, elle a grandi différemment. Dans sa culture, les enfants doivent être plus… discrets.
Marie : Et alors ? On fait quoi ? On élève nos enfants comme si on était encore au Maroc dans les années 60 ?
Karim : Hé, du calme ! Ce n’est pas ce que je dis. Mais il y a peut-être un équilibre à trouver, non ?
Marie : Un équilibre… oui, mais lequel ? Parfois j’ai l’impression qu’on navigue à vue.
Karim : Ben… on pourrait peut-être fixer des règles claires tous les deux ? Et les expliquer à nos familles ?
Marie : Tiens, c’est une idée. Comme quoi par exemple ?
Karim : Euh… pour la politesse, on pourrait être plus stricts. Ça, c’est important dans nos deux cultures.
Marie : D’accord. Et pour la liberté d’expression ? Moi, je veux qu’ils puissent dire ce qu’ils pensent.
Karim : Oui, mais avec respect. On peut exprimer son opinion sans être impoli, hein !
Marie : Exactement ! Bon, et pour les questions religieuses ? Parce que là, ça va devenir compliqué quand ils vont grandir.
Karim : On leur explique les deux traditions, et ils choisiront plus tard. Mais ils doivent connaître les deux.
Marie : Mmh… et si Léa décide de ne croire ni en Dieu ni en Allah ?
Karim : Eh bien… ce sera son choix. Tant qu’elle respecte ceux qui croient.
Marie : Chouette ! Je suis contente qu’on soit d’accord là-dessus. Bon, et concrètement, on fait quoi avec ta mère et la mienne ?
Karim : On leur parle. On leur explique notre vision. Et on leur demande de nous soutenir.
Marie : Tu crois qu’elles vont comprendre ?
Karim : Ma mère, ça va être dur au début. Mais elle aime ses petits-enfants, alors elle finira par accepter.
Marie : Et la mienne, elle va dire qu’on est “trop laxistes” !
Karim : Tant pis ! Ce sont nos enfants, c’est notre choix. On fait de notre mieux avec nos deux héritages.
Marie : Tu as raison. Au final, c’est peut-être ça la vraie richesse : qu’ils puissent piocher dans nos deux cultures.
Karim : Exactement ! Bon, allez, on va chercher les enfants à l’école et on leur explique nos nouvelles règles ?
Marie : Parfait ! Et ce soir, on appelle nos mères pour leur expliquer aussi !

English translation

Marie, French, and Karim, of Moroccan origin, have been married for eight years and live in Lyon with their two children: Léa (7 years old) and Adam (5 years old). Ils discutent dans leur salon des différences culturelles dans l’éducation de leurs enfants, notamment après une remarque de la belle-mère de Marie lors du dernier repas de famille.
DIALOGUE
Marie : Okay, we need to talk about what happened on Sunday at my parents’. My mother should never have said that in front of the children.
Karim : Uh… you mean when she said Adam was “too spoiled”? Well, she’s not entirely wrong, you know.
Marie : What do you mean, “not entirely wrong”? Are you telling me that you agree with her?
Karim : No, no, that’s not what I mean… But admit that we sometimes have very different approaches with the kids.
Marie : Oh really? Like what, for example?
Karim : Take last night, when Adam refused to eat his vegetables. I told him he had to finish his plate, period. You started negotiating with him.
Marie : It’s normal to negotiate! We should explain to the children why it’s important, not just impose our will.
Karim : Yeah, but in my family we didn’t have a choice. We ate whatever there was, and that was it. And we did just fine, didn’t we!
Marie : It’s not the same, Karim. Times have changed. Besides, we live in France; the children are growing up here.
Karim : Exactly! That’s why they should know both of their cultures. I don’t want them to forget where they’re from.
Marie : Me neither! Do you think it bothers me that they speak Arabic with your mother? Or that they know Moroccan traditions?
Karim : Well… sometimes I feel like you do. The other day, you made a funny face when my sister explained to Léa why she was wearing the veil.
Marie : That’s not it! It’s just that… uh… I want her to understand that she’ll have a choice later. You see what I mean?
Karim : Of course she’ll have a choice! Who do you take me for? But she must also respect her grandmother and understand her values.
Marie : Okay, but it goes both ways! Your mother, does she understand our values? Because on Sunday she kept saying that Adam was “too free.”
Karim : Ah… that’s more complicated. You know, for her, a little five-year-old boy who runs around everywhere and talks back to adults…
Marie : He’s not “talking back”! He’s expressing his opinion! It’s different!
Karim : Yes, I know. But she grew up differently. In her culture, children are expected to be more… reserved.
Marie : So what? What do we do? Raise our children as if we were still in Morocco in the 1960s?
Karim : Hey, calm down! That’s not what I’m saying. But maybe there’s a balance to be found, right?
Marie : A balance… yes, but which one? Sometimes I feel like we’re just making it up as we go along.
Karim : Well… maybe we could set clear rules together? And explain them to our families?
Marie : Oh, that’s an idea. Like what, for example?
Karim : Uh… when it comes to politeness, we could be stricter. That’s important in both our cultures.
Marie : Okay. And what about freedom of expression? I want them to be able to say what they think.
Karim : Yes, but with respect. You can express your opinion without being rude, right?
Marie : Exactly! Well, what about religious matters? Because that’s going to get complicated when they grow up.
Karim : We’ll explain both traditions to them, and they’ll choose later. But they have to know both.
Marie : Mmh… what if Léa decides not to believe in either God or Allah?
Karim : Well… it will be her choice. As long as she respects those who believe.
Marie : Great! I’m glad we agree on that. So, concretely, what do we do about your mother and mine?
Karim : We’ll talk to them. We’ll explain our point of view. And we’ll ask them to support us.
Marie : Do you think they’ll understand?
Karim : My mother, it’s going to be hard at first. But she loves her grandchildren, so she’ll eventually accept it.
Marie : And mine, she’ll say we’re “too lax”!
Karim : Too bad! They’re our children, it’s our choice. We’ll do our best with our two heritages.
Marie : You’re right. In the end, maybe that’s the real wealth: that they can draw on both our cultures.
Karim : Exactly! Okay, shall we go pick up the children from school and explain our new rules to them?
Marie : Perfect! And tonight we’ll call our mothers to explain it to them too!