A conversation about whether to choose a classical or contemporary performance

Sophie et Antoine, deux amis étudiants en littérature, se retrouvent devant le théâtre municipal pour choisir leur spectacle de la soirée. Ils hésitent entre deux représentations : une pièce classique de Molière et une création contemporaine expérimentale. Leur discussion révèle leurs goûts différents en matière de théâtre.

DIALOGUE


Sophie : Alors, qu’est-ce qu’on fait ? On a le choix entre “Le Malade imaginaire” de Molière ou cette nouvelle pièce… euh… “Fragments urbains”. Tu penches plutôt pour quoi ?
Antoine : Ben écoute, moi je serais assez tenté par le contemporain. On voit déjà assez de classiques en cours, non ? Ça pourrait être rafraîchissant !
Sophie : Mmh… Je sais pas trop. Tu sais, avec le théâtre expérimental, on peut tomber sur n’importe quoi. Des fois c’est génial, des fois c’est… comment dire… complètement barré !
Antoine : Allez, Sophie ! Il faut bien s’ouvrir aux nouvelles formes d’expression ! Et puis regarde, cette pièce parle de la solitude en ville. C’est super actuel comme thème.
Sophie : Oui mais justement ! Molière, c’est intemporel. Ses personnages, on les reconnaît encore aujourd’hui. Et puis, côté mise en scène, on sait à quoi s’attendre.
Antoine : C’est bien ça le problème ! Pas de surprise, pas de… euh… de prise de risque artistique. Tu deviens un peu conservatrice, ma vieille !
Sophie : Hé ! Conservatrice, moi ? N’importe quoi ! C’est juste que j’aime la beauté du langage classique. Ces alexandrins, cette élégance… On perd ça avec le théâtre d’aujourd’hui.
Antoine : Ah bon ? Et tu crois que les auteurs contemporains n’ont pas de talent ? Ils explorent de nouveaux territoires, ils inventent de nouvelles façons de…
Sophie : Non, attends ! Je dis pas ça. Mais avoue que parfois, sous prétexte d’innovation, on nous sert des trucs incompréhensibles !
Antoine : Tiens, regarde ! *Il montre l’affiche* Les critiques sont plutôt bonnes pour “Fragments urbains”. “Une expérience théâtrale saisissante”, ça dit.
Sophie : Les critiques… Tu sais ce qu’ils disent aussi sur Molière ? “Un génie éternel” ! Et ça, c’est testé et approuvé depuis trois siècles !
Antoine : Bon, d’accord… Mais on pourrait peut-être demander aux gens qui sortent de la représentation contemporaine ? Histoire de voir leurs réactions ?
Sophie : Bonne idée ! Oh, excuse-moi madame ! *Elle interpelle une spectatrice* Vous sortez de “Fragments urbains” ? Comment c’était ?
La spectatrice : Euh… Original, très original ! Un peu… déroutant au début, mais finalement assez touchant. Par contre, c’est pas pour tous les goûts, hein !
Antoine : Vous voyez ! Elle dit que c’est touchant !
Sophie : Elle dit aussi que c’est pas pour tous les goûts ! Et “déroutant”… Ça me fait un peu peur, ça.
Antoine : Allez ! On peut bien sortir de notre zone de confort une fois, non ? En plus, la prochaine représentation de Molière, c’est dans quinze jours.
Sophie : Justement ! Dans quinze jours, on aura peut-être plus le temps avec les partiels qui approchent !
Antoine : Zut, c’est vrai ! J’avais complètement oublié les examens… Bon, mais ce soir on est libres ! C’est l’occasion ou jamais !
Sophie : Tu sais quoi ? On fait comme ça : si la pièce contemporaine nous plaît pas, tu m’invites au resto. Si elle nous plaît, c’est moi qui régale !
Antoine : Haha ! Marché conclu ! Mais attends… Et si on est moyennement convaincus ?
Sophie : Ben… on partage l’addition ! *Elle rit* Non mais sérieusement, Antoine, j’ai un peu la trouille que ce soit trop… bizarre.
Antoine : Écoute, au pire on s’ennuie deux heures. Au mieux, on découvre quelque chose d’extraordinaire ! Le risque en vaut la chandelle.
Sophie : D’accord, d’accord ! Tu m’as convaincue. Mais si jamais il y a des trucs trop… euh… avant-gardistes, genre nudité ou je sais pas quoi, je te préviens, je sors !
Antoine : *Il consulte son téléphone* Oh non ! Sophie, regarde ! Il y a un problème : “Fragments urbains” affiche complet ! Plus de places !
Sophie : Ah ! Ben voilà qui règle notre dilemme ! Molière, nous voilà ! Au fond, c’est peut-être un signe du destin…
Antoine : Pfff… Bon, tant pis ! Et puis tu as raison, on rigolera bien avec Argan et ses médecins ! Au moins, on est sûrs de passer une bonne soirée.
Sophie : Exactement ! Et puis, chouette, comme ça on pourra en discuter avec le prof de littérature française. Il sera content qu’on ait choisi du classique !
Antoine : Allez, on y va ! Et la prochaine fois, promis, on tentera l’aventure contemporaine. Mais on réservera à l’avance !
Sophie : Promis ! Bon, j’avoue que maintenant, j’ai hâte de voir cette mise en scène de Molière. On dit qu’elle est assez moderne dans sa présentation.
Antoine : Ah tu vois ! Un peu de modernité dans le classique, c’est parfait pour nous deux ! Le meilleur des deux mondes !

English translation

Sophie and Antoine, two literature students, meet in front of the municipal theatre to choose their evening’s performance. They hesitate between two productions: a classic play by Molière and an experimental contemporary work. Their discussion reveals their different tastes in theatre.

DIALOGUE


Sophie : So, what are we doing? We can choose between “The Imaginary Invalid” by Molière or that new play… uh… “Urban Fragments”. Which are you leaning toward?
Antoine : Well, honestly, I’d be pretty tempted by the contemporary. We already cover enough classics in class, don’t we? It could be refreshing!
Sophie : Mmm… I’m not sure. You know, with experimental theatre you can end up with anything. Sometimes it’s brilliant, sometimes it’s… how to say… completely bonkers!
Antoine : Come on, Sophie! You have to be open to new forms of expression! And look, this play is about loneliness in the city. It’s such a timely theme.
Sophie : Yes, but that’s exactly it! Molière is timeless. We still recognize his characters today. And besides, when it comes to the staging, you know what to expect.
Antoine : That’s exactly the problem! No surprises, no… uh… artistic risk-taking. You’re getting a bit conservative, old girl!
Sophie : Hey! Conservative, me? Nonsense! It’s just that I love the beauty of classical language. Those alexandrines, that elegance… We lose that with today’s theatre.
Antoine : Oh really? And you think contemporary playwrights don’t have any talent? They explore new territories, they invent new ways to…
Sophie : No, wait! I’m not saying that. But admit it – sometimes, in the name of innovation, we’re served incomprehensible stuff!
Antoine : Here, look! *He points to the poster* The reviews are pretty good for “Urban Fragments”. “A striking theatrical experience,” it says.
Sophie : The critics… You know what they also say about Molière? “An eternal genius”! And that’s been tried and tested for three centuries!
Antoine : Okay, fine… But maybe we could ask the people coming out of the contemporary performance? Just to see their reactions?
Sophie : Good idea! Oh, excuse me, madam! *She calls out to a spectator* Did you just come out of “Urban Fragments”? How was it?
The spectator : Uh… Original, very original! A bit… disorienting at first, but ultimately quite moving. However, it’s not to everyone’s taste, you know!
Antoine : See! She says it’s moving!
Sophie : She also says it’s not for everyone’s taste! And “disorienting”… That makes me a little nervous.
Antoine : Come on! We can step out of our comfort zone just once, can’t we? Besides, the next performance of Molière is in two weeks.
Sophie : Exactly! In two weeks we might not have any time left, with exams coming up!
Antoine : Darn, that’s true! I completely forgot about the exams… Well, we’re free tonight! It’s now or never!
Sophie : You know what? Let’s do this: if we don’t like the contemporary play, you take me out to dinner. If we do like it, it’s my treat!
Antoine: Haha! Deal! But wait… What if we’re only somewhat convinced?
Sophie : Well… we’ll split the bill! *She laughs* No, but seriously, Antoine, I’m a bit scared it might be too… weird.
Antoine : Listen, at worst we’ll be bored for two hours. At best, we might discover something extraordinary! It’s worth the risk.
Sophie : Okay, okay! You convinced me. But if there’s ever anything too… uh… avant-garde, like nudity or whatever, I’m warning you, I’m walking out!
Antoine : *He checks his phone* Oh no! Sophie, look! There’s a problem: “Fragments urbains” is sold out! No tickets left!
Sophie : Ah! Well, that settles our dilemma! Molière, here we come! Deep down, maybe it’s a sign from fate…
Antoine : Pfff… Oh well, never mind! And you’re right, we’ll have a good laugh about Argan and his doctors! At least we’re sure to have a good evening.
Sophie : Exactly! And anyway, great – that way we’ll be able to discuss it with the French literature professor. He’ll be happy we picked a classic!
Antoine : Come on, let’s go! And next time, I promise we’ll try something contemporary. But we’ll book in advance!
Sophie : I promise! Well, I admit that now I’m looking forward to seeing this staging of Molière. They say it’s quite modern in its presentation.
Antoine : See! A bit of modernity in a classic – it’s perfect for both of us! The best of both worlds!