Madame Rousseau, syndique de l’immeuble, tente de résoudre un conflit persistant entre deux voisins du troisième étage. Monsieur Dubois se plaint constamment du bruit que fait sa voisine, Mademoiselle Martin, tandis que celle-ci affirme mener une vie tout à fait normale et accuse son voisin d’être un homme difficile et intolérant.
DIALOGUE
Mme Rousseau : Bon, mes chers voisins, j’espère qu’on va pouvoir régler cette histoire une bonne fois pour toutes. Monsieur Dubois, vous voulez bien commencer par m’expliquer le problème ?
M. Dubois : Madame Rousseau, c’est un calvaire ! Cette demoiselle fait un boucan d’enfer à toute heure ! Hier encore, à onze heures du soir, elle déplaçait des meubles !
Mlle Martin : Mais enfin ! J’ai juste remis mon canapé à sa place ! Et d’ailleurs, onze heures, c’est pas si tard que ça, hein !
M. Dubois : Pas si tard ? Mademoiselle, certaines personnes travaillent tôt le matin ! Et ce n’est pas tout… ses talons qui claquent sur le parquet, sa musique…
Mlle Martin : Euh… mes talons ? Ben oui, je porte des talons, c’est interdit maintenant ? Et pour la musique, je la mets jamais fort !
Mme Rousseau : Tiens, tiens… Calmez-vous tous les deux. Monsieur Dubois, à quelle heure exactement commence le bruit le matin ?
M. Dubois : Dès six heures et demie ! Elle fait couler l’eau, elle claque les portes… Impossible de dormir !
Mlle Martin : Ah bon ? Mais monsieur, je dois me préparer pour aller bosser ! Je peux quand même prendre ma douche, non ?
Mme Rousseau : Effectivement, chacun a le droit de vivre normalement chez soi. Mais dites-moi, mademoiselle Martin, vous portez vraiment des talons chez vous ?
Mlle Martin : Ben… oui, parfois. Surtout quand je rentre du travail et que j’ai pas encore eu le temps de me changer.
M. Dubois : Vous voyez ! Et le week-end alors ? Samedi dernier, elle a passé l’aspirateur à huit heures du matin !
Mlle Martin : Zut ! C’est vrai, j’avais oublié… Mais j’avais des amis qui venaient déjeuner !
Mme Rousseau : Bon, on avance. Mademoiselle, huit heures le samedi, c’est peut-être un peu tôt pour l’aspirateur…
M. Dubois : Et ses invités ! L’autre soir, ils sont restés jusqu’à deux heures du matin à faire la fête !
Mlle Martin : Faire la fête ? On discutait tranquillement ! Et c’était vendredi soir !
Mme Rousseau : Combien d’amis aviez-vous ce soir-là ?
Mlle Martin : Euh… ben, on était peut-être… six ou sept. Mais on parlait pas fort !
M. Dubois : Six ou sept ! Dans un F2 ! Et ils riaient comme des fous !
Mme Rousseau : Je vois le problème qui se dessine… Mais dites-moi, monsieur Dubois, vous n’avez jamais essayé de discuter directement avec mademoiselle Martin ?
M. Dubois : Si ! Je suis allé sonner chez elle, mais elle a été très désagréable !
Mlle Martin : Désagréable ? Vous avez débarqué chez moi à onze heures du soir en tapant sur ma porte comme un fou !
M. Dubois : Je tapais pas ! Je frappais poliment !
Mlle Martin : Poliment ? Hein ! Vous criiez : “Baissez cette musique immédiatement !”
Mme Rousseau : Ah… Monsieur Dubois, ce n’était peut-être pas la meilleure approche…
M. Dubois : Mais j’étais exaspéré ! Ça faisait des semaines que ça durait !
Mlle Martin : Et moi, j’étais en pyjama ! Vous vous rendez compte ?
Mme Rousseau : Bon, bon… Je pense qu’il y a eu des maladresses des deux côtés. Mais écoutez, il faut trouver un compromis.
M. Dubois : Un compromis ? Mais c’est elle qui fait du bruit !
Mlle Martin : Et c’est lui qui est trop susceptible ! Tous les autres voisins vivent très bien avec moi !
Mme Rousseau : Justement, j’ai parlé avec Madame Leroy du deuxième étage…
M. Dubois : Et alors ? Qu’est-ce qu’elle a dit ?
Mme Rousseau : Ben… elle confirme qu’on entend effectivement du bruit venant de chez vous, mademoiselle Martin.
Mlle Martin : Ah bon ? Mais… elle m’a jamais rien dit !
Mme Rousseau : Elle ne voulait pas faire d’histoires, mais c’est vrai que certains soirs…
Mlle Martin : Oh là là… Je savais pas du tout ! Personne me dit jamais rien !
M. Dubois : Vous voyez bien ! Je suis pas le seul à me plaindre !
Mme Rousseau : Chouette ! On progresse ! Mademoiselle Martin, accepteriez-vous de faire quelques efforts ?
Mlle Martin : Ben oui, bien sûr ! Si j’avais su… Qu’est-ce que je peux faire ?
Mme Rousseau : Déjà, éviter les talons chez vous, surtout le soir et le matin tôt.
Mlle Martin : D’accord, pas de problème. Je peux acheter des chaussons.
M. Dubois : Et pour les invités ?
Mlle Martin : Euh… je peux les prévenir de parler moins fort ? Et peut-être pas les recevoir trop tard en semaine ?
Mme Rousseau : Excellente idée ! Et monsieur Dubois, de votre côté, la prochaine fois, vous pourriez peut-être frapper plus doucement ?
M. Dubois : Bon… d’accord. Mais si le problème continue…
Mlle Martin : Non, non ! Je vous promets de faire attention ! Et… euh… désolée pour le dérangement.
M. Dubois : Ben… moi aussi, excusez-moi d’avoir été un peu… direct l’autre soir.
Mme Rousseau : Parfait ! Alors on dit : pas de talons à la maison, aspirateur pas avant neuf heures le week-end, et musique raisonnable après vingt-deux heures ?
Mlle Martin : Marché conclu !
M. Dubois : Ça me va. Merci madame Rousseau.
Mme Rousseau : De rien ! Et n’hésitez pas à m’appeler si il y a le moindre souci. Maintenant, serrez-vous la main, hein !
English translation
Mrs. Rousseau, the building manager, is trying to resolve a persistent conflict between two third-floor neighbours. Mr. Dubois constantly complains about the noise made by his neighbour, Miss Martin, while she insists she leads a perfectly normal life and accuses her neighbour of being a difficult and intolerant man.
DIALOGUE
Mrs. Rousseau : Well, my dear neighbors, I hope we can settle this matter once and for all. Mr. Dubois, would you please start by explaining the problem to me?
Mr. Dubois : Mrs. Rousseau, it’s a nightmare! This young woman makes a hellish racket at all hours! Just last night, at eleven p.m., she was moving furniture!
Miss Martin : Oh come on! I only just put my sofa back in place! And anyway, eleven o’clock isn’t that late, is it?
Mr. Dubois : Not that late? Miss, some people work early in the morning! And that’s not all… her heels clacking on the parquet, her music…
Miss Martin : Uh… my heels? Well yes, I wear heels – is that forbidden now? And as for the music, I never turn it up loud!
Mrs. Rousseau : Now, now… Calm down, both of you. Mr. Dubois, exactly what time does the noise start in the morning?
Mr. Dubois : As early as six-thirty! She runs the water, she slams the doors… It’s impossible to sleep!
Miss Martin : Oh? But sir, I have to get ready to go to work! I can still take my shower, can’t I?
Mrs. Rousseau : Indeed, everyone has the right to live normally at home. But tell me, Miss Martin, do you really wear heels at home?
Miss Martin : Well… yes, sometimes. Especially when I come home from work and haven’t had time to change yet.
Mr. Dubois : You see! And what about the weekend? Last Saturday she vacuumed at eight in the morning!
Miss Martin : Darn! It’s true, I had forgotten… But I had friends coming over for lunch!
Mrs. Rousseau : Okay, we’re making progress. Miss Martin, eight o’clock on Saturday might be a bit early to be vacuuming…
Mr. Dubois : And her guests! The other night, they stayed up until two in the morning partying!
Miss Martin : Party? We were just chatting quietly! And it was Friday night!
Mrs. Rousseau : How many friends did you have that night?
Miss Martin : Uh… well, there were maybe… six or seven of us. But we weren’t talking loudly!
Mr. Dubois : Six or seven! In a one-bedroom flat! And they were laughing like crazy!
Mrs. Rousseau : I see the problem that’s emerging… But tell me, Mr. Dubois, haven’t you ever tried talking directly to Miss Martin?
Mr. Dubois : Yes! I went to ring her doorbell, but she was very rude!
Miss Martin : Rude? You showed up at my flat at eleven o’clock at night, banging on my door like a madman!
Mr. Dubois : I wasn’t banging! I knocked politely!
Miss Martin : Politely? Huh! You were shouting, “Turn that music down immediately!”
Mrs. Rousseau : Ah… Mr. Dubois, that might not have been the best approach…
Mr. Dubois : But I was exasperated! It had been going on for weeks!
Miss Martin : And I was in my pajamas! Can you imagine?
Mrs. Rousseau : Alright, alright… I think there have been missteps on both sides. But listen, we need to find a compromise.
Mr. Dubois : A compromise? But she’s the one making the noise!
Miss Martin : And he’s the one who’s too sensitive! All the other neighbors get along with me just fine!
Mrs. Rousseau : Actually, I spoke with Mrs. Leroy on the second floor…
Mr. Dubois : So? What did she say?
Mrs. Rousseau : Well… she confirms that we can indeed hear noise coming from your place, Miss Martin.
Miss Martin : Oh really? But… she never told me anything!
Mrs. Rousseau : She didn’t want to make a fuss, but it’s true that some evenings…
Miss Martin : Oh my… I really didn’t know! Nobody ever tells me anything!
Mr. Dubois : You see! I’m not the only one complaining!
Mrs. Rousseau : Great! We’re making progress! Miss Martin, would you be willing to make a bit of an effort?
Miss Martin : Well yes, of course! If I’d known… What can I do?
Mrs. Rousseau : First, avoid wearing heels in your apartment, especially in the evening and early in the morning.
Miss Martin : Okay, no problem. I can buy some slippers.
Mr. Dubois : And what about guests?
Miss Martin : Um… can I ask them to speak more quietly? And maybe not have them over so late on weeknights?
Mrs. Rousseau : Excellent idea! And Mr. Dubois, for your part, could you perhaps knock more gently next time?
Mr. Dubois : Well… all right. But if the problem continues…
Miss Martin : No, no! I promise I’ll be careful! And… um… sorry for the disturbance.
Mr. Dubois : Well… me too, sorry for being a bit… blunt the other night.
Mrs. Rousseau : Perfect! So we say: no high heels in the house, no vacuuming before 9 a.m. on weekends, and reasonable music after 10 p.m.?
Miss Martin : Agreed!
Mr. Dubois : That works for me. Thank you, Mrs. Rousseau.
Mrs. Rousseau : You’re welcome! And don’t hesitate to call me if there’s the slightest problem. Now, shake hands, okay!